Flutiau... ou la tentative de restauration d'une flûte

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jeudi 19 septembre 2013

L'inconnue a un nom !

Je dois quand même l'avouer, tenter de faire revivre cette flûte est pour moi un petit défi.

Primo parce que je n'ai jamais osé démonter/remonter un instrument et que cela m'a toujours démangé. Vu qu'elle est arrivée complètement grippée, noircie, rouillée par endroit et avec les tampons explosés par l’humidité, je me suis dit que je ne pourrais pas faire pire.

Et secundo parce que justement, vu son état, je n'ai aucun idée du son qu'elle peut produire (j'ai à peine osé souffler dans l'embouchure quand j'ai vu la saleté qui s'y était accumulé).

Mais ce qui m'a le plus intrigué quand je l'ai reçu ce n'était pas son état mais le fait qu'elle ne disposait d'aucune information pour l'identifier. Pas de nom. Rien, nada. Juste ce numéro et ces deux lettres : 2564 OD.

Après des heures de recherches infructueuses sur Google (qui du coup n'était pas vraiment mon ami) je n'étais pas plus avancé. Personne ne mentionne ce fameux OD.

J'ai juste découvert que les flûtes avec une clé de Ré dièse (ou Mi bémol, faites votre choix !) en forme de goutte (teardrop) était typique des flûtes de la période fin 19ème, début 20ème.

Et là, de lien en lien, je tombe sur une page d'un site de vente aux enchères bien connu où une flûte ressemble fortement à ma petite inconnue. Zoom sur la patte d'ut, et bingo, voilà notre mystérieux OD. Après un examen minutieux des autres photos, je remarque que les numéros de série sont gravés aux mêmes endroits et qu'elles sont quasiment jumelles.

Cette flûte est donc une Noblet. Celle actuellement en vente sur le site d'enchères porte un numéro de série dans les 4000 et est datée des années 1920.

Si tant est que cette date est correcte, je travaille donc sur une flûte presque centenaire. De quoi me motiver encore un peu plus (mais je le suis déjà suffisamment !).

L'inconnue est donc la Noblet #2564. Mais je ne sais toujours pas qui est OD...

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dimanche 15 septembre 2013

Nettoyage de la patte d'ut

Avant propos : Je tiens à préciser que je ne suis pas luthier, juste musicien amateur. En aucun cas je ne peux vous certifier que les manipulations et les traitements qui seront décrits sur ce blog soient ceux adéquats pour la restauration d'une flûte. Si vous souhaitez rénover un instrument et que vous avez un doute, foncez chez un luthier !

Pour commencer, quelques photos de la patte d'ut avant tout traitement.

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Après démontage de la patte d'ut, je lui ai fait prendre un petit bain : de l'eau pas trop chaude, du savon et une brosse douce. J'ai retiré ainsi une bonne couche de crasse et de poussière.

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La plupart des flûtes d'études sont en maillechort (un alliage de cuivre, nickel et zinc d'aspect argenté) recouvert d'une fine couche d'argent. Avec le temps, cette couche d'argent s'oxyde au contact de l'air et génére du sulfate d'argent qui donne un aspect noircie à la flûte. Pour raviver l'éclat de cet argent, j'ai utilisé un procédé qui permet de transformer ce sulfate d'argent en sulfate d'aluminium et qui donc "régénère" l'argent.

J'ai déposé dans un bac une feuille d'aluminium sur laquelle j'ai mis en place la patte d'ut. J'ai saupoudré le tout de bicarbonate de soude et j'ai ajouté de l'eau chaude (mais non bouillante !). Au bout de quelques minutes, la patte d'ut a retrouvé son brillant. Un léger brossage avec une brosse humide et du bicarbonate pour retirer les traces noires un peu tenaces, un rinçage à l'eau claire et il reste à bien essuyer le tout.

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Une dernière petite photo pour comparer la patte d'ut nettoyée et le corps encore à l'état initial.

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Faisons les présentations

Après avoir évoqué son arrivée, il est temps de faire plus ample connaissance.

Comme je vous le disais, c'est une inconnue. Cette flûte ne porte aucun nom de marque ou de facteur. Rien sur l'embouchure, rien sur le barillet, rien sur la patte d'ut. Juste un numéro de série et deux lettres : 2564 OD.

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Aucune idée sur son origine (française, japonaise, anglaise ou américaine ?). La tête dispose d'une perce conique (cela se voit au premier coup d’œil), le clétage est de type "à pointe" (c'est à dire que le bras s'étend jusqu'au centre du plateau) et les cheminées semblent être soudées et non étirées.

Et apparemment sa vie n'a pas toujours été facile (absence d'étui oblige !). Tampons gonflés et déchirés, argenture oxydée, traces de rouilles et j'en passe. Pour le démontage, certaines vis étaient tellement oxydées qu'il m'a fallu 15 minutes pour en venir à bout.

Bref, il y a du boulot !

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Arrivée d'une inconnue

Elle est arrivé un vendredi 13, aux alentours de midi.

Pour certains, ce jour est synonyme de chance, pour d'autres de malheur. Pour elle, seul l'avenir le dira.

Son moyen de transport était plus que confortable et ne semblait pas l'avoir trop secouée, je n'en dirai pas autant de ses dernières années.

Elle a, semble t'il, perdu son écrin depuis fort longtemps et a donc dû passer de longues périodes seule, exposée à l'air et à l'humidité. Elle en porte quelques séquelles.

D'elle, je ne sais pas grand chose. Juste qu'elle vient de Saint-Germain en laye. Aucune information sur son ou ses propriétaires, pas d'année de naissance. Un numéro et deux lettres sur le corps. C'est tout.

Elle sera donc l'inconnue #2564 OD.

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